

(ahhhh) Trois heures sonnent au clocher froid
Pas un chat sur le boulevard d'Ivry
Le bitume luit sous l'averse qui ploie
Le moteur tourne, tout engourdi
Je reste planté devant le feu rouge
Rien ne bouge
L'œil carmin me fixe sans ciller
Dans ce désert d'asphalte et de brume
Une seconde semble une année
La lueur écarlate me consume Personne à gauche,
personne au loin
Juste ce témoin
Feu rouge éternel dans la nuit de Paris
Pourquoi m'arrêter quand le monde a péri
? (pourquoi
?) Une lanterne rouge qui garde le vide
Et moi qui attends,
sage et stupide
Je pourrais franchir la ligne blanche
Tromper le sort d'un coup de pédale
Mais la nuit me tient par la manche Devant cette sentinelle de
métal
Un feu rubis
sous un ciel de plomb
Qui a raison ?
(oh, cette attente folle)
Feu rouge éternel dans la nuit de Paris
Pourquoi m'arrêter quand le monde a péri
? (pourquoi donc
?) Une lanterne rouge qui garde le vide
Et moi qui attends,
sage et stupide
Le feu passe au vert...
mais je reste là...
(doucement) Dans
le silence de l'aube qui vient...
(la nuit
se tait)