

Dans les couloirs, je baisse les yeux,
je fais semblant que tout va mieux.
Quelques
sourires, des mots lancés,
Comme des pierres qu'on vient jeter.
Je compte les pas jusqu'à la classe,
j'espère qu'aujourd'hui rien ne se passe.
Et personne
ne voit ce qui se passe,
Derrière un silence,
derrière une
grimace.
On dit "c'est rien",
on dit "ça passera",
Mais moi, je rentre chez moi sans voix.
J'ai crié sans faire de bruit,
J'ai souri pour sauver les apparences.
Ils étaient nombreux, j'étais seul ici,
Écrasé sous le poids de leurs violences.
Mais aujourd'hui je veux parler,
Même si ma voix tremble encore.
Parce qu'un mot peut tout changer,
Et qu'on mérite tous d'être
plus forts.
Sur mon téléphone, encore un message,
Des mots qui brûlent derrière un écran.
Ils effacent mon nom d'une page,
Comme si j'étais transparente.
J'ai cru longtemps que c'était ma faute,
Que j'étais différente,
pas assez forte.
Alors regarde autour de toi,
Celui qui rit cache peut-être ses larmes.
Celui qui se tait attend parfois Qu'une seule personne sonne l'alarme.
Ne laisse pas passer,
Ne détourne pas les yeux.
Je ne crierai plus sans faire de bruit,
Je n'aurai plus honte de mes
différences. (oh oui...) Un mot peut blesser...
Un mot peut réparer.
Choisis celui
qui peut
sauver.
Melfaï