

On sourit pour ne pas faire de vagues,
On encaisse sans dire un mot.
Une remarque amère au coin de la rue,
Un regard lourd qu'on n'a pas voulu,
On laisse passer pour éteindre leur colère,
Pour ne pas réveiller les vieux démons d'hier.
Pourtant dans l'ombre les géants se sont levés,
De Soweto aux bus fatigués,
Leur courage coule encore dans nos veines,
Mais ce soir on se tait pour calmer la haine.
Combien de fois doit-on courber le dos,
Pour préserver la paix au détriment de nos mots
? Mandela a marché pour briser les barreaux,
Rosa est restée assise face aux bourreaux,
Et nous on courbe l'échine sous l'affront quotidien,
Pour ne pas rompre ce fragile lien,
Mais le silence n'efface pas
le chagrin. Le mépris discret qui s'habille de politesse,
Les doutes injectés qui doucement nous blessent,
On étouffe la révolte,
on avale la rancœur,
Pendant que leurs préjugés frappent en plein cœur,
On porte l'héritage de ceux qui ont crié,
Mais au quotidien, on choisit de pardonner.
S'asseoir dans le bus,
marcher vers la liberté,
Chaque petit refus reconstruit la dignité,
On n'oublie rien de la lutte,
on choisit juste la paix.
Mandela a marché pour briser les barreaux,
Rosa est restée assise face aux bourreaux,
Et nous on courbe l'échine sous l'affront quotidien,
Pour ne pas rompre ce fragile lien,
Mais le silence n'efface pas
le chagrin.
Pour calmer leur rancœur...
Le silence n'efface rien.